Nous ne sommes pas constitués de systèmes indépendants qui fonctionneraient chacun de leur côté. Notre organisme est traversé en permanence par des rythmes : le rythme de la respiration, celui du cœur, les rythmes du cerveau.
Comme dans un orchestre, ces différents rythmes doivent pouvoir s’accorder et communiquer entre eux.
La respiration occupe une place particulière parce qu’elle constitue un rythme à la fois automatique et volontaire. Nous respirons sans avoir à y penser, mais nous pouvons également modifier volontairement notre respiration. Elle représente ainsi une sorte de pont entre les processus inconscients et conscients de l’organisme.La respiration donne le La , votre cœur s’y ajuste comme si l’un et l’autre chantaient à l’unisson.Parfois il se crée un déséquilibre,et le tambour vient alors remettre du mouvement, il rend les choses plus fluides.
La respiration donne un mouvement fondamental au corps : inspiration, expiration, pause éventuelle, puis nouveau cycle. Ce mouvement rythmique se répercute sur l’ensemble de l’organisme. Il influence notamment le rythme cardiaque, l’état de vigilance, l’activité du système nerveux autonome et les différents rythmes cérébraux.
On peut alors imaginer la respiration comme un chef de tempo : elle ne commande pas mécaniquement tous les autres systèmes, mais elle participe à leur synchronisation.
Le tambour : le rythme qui met du mouvement
Le tambour met en mouvement et décristallise ce qui est figé.Depuis les sociétés humaines les plus anciennes, le tambour est utilisé pour créer, maintenir ou partager un rythme commun. Il permet à plusieurs personnes de marcher, danser ou jouer ensemble.Le tambour peut donc symboliser quelque chose de très profond dans notre fonctionnement biologique : le besoin de rythme et de synchronisation.Un rythme régulier donne un cadre aux autres rythmes. De la même manière qu’un orchestre a besoin d’un tempo commun, l’organisme doit constamment coordonner ses différentes activités.
La voix : un instrument qui relie respiration, vibration et expression
La voix est un son harmonique, elle organise et redonne de la cohérence.
Pour parler ou chanter, nous avons besoin du souffle. L’air expiré traverse le larynx, fait vibrer les cordes vocales, puis cette vibration est façonnée par les différentes cavités de résonance du corps.La voix est donc littéralement construite à partir de la respiration et de la vibration.Elle devient ainsi un instrument privilégié de l’orchestre biologique : elle permet au souffle de devenir son, puis au son de devenir expression.Lorsque nous chantons, nous mettons en relation la respiration, le système vocal, le rythme, l’écoute, le cerveau et les émotions. La voix peut donc être considérée comme une sorte de point de rencontre entre plusieurs systèmes de l’organisme.
Et lorsque plusieurs personnes chantent ensemble, un phénomène supplémentaire apparaît : elles doivent écouter, ajuster leur respiration, leur rythme, leur hauteur et leur intensité. Elles cherchent une forme de synchronisation.
Les rythmes s’emboîtent les uns dans les autres
L’idée centrale de cette conception est que les rythmes biologiques ne sont pas isolés.
La respiration possède son rythme.
Le cœur possède le sien.
Le cerveau présente différentes oscillations rythmiques.
Les mouvements du corps ont eux aussi leurs cycles.
Mais ces rythmes s’influencent mutuellement.
Les rythmes plus lents peuvent contribuer à organiser ou moduler des rythmes plus rapides. C’est comme dans une œuvre musicale : une pulsation relativement lente peut donner une structure à des événements beaucoup plus rapides qui viennent se superposer à elle.
On peut ainsi imaginer l’organisme comme une polyphonie : plusieurs rythmes existent simultanément, mais ils doivent pouvoir coexister et s’accorder.
La santé ne serait donc pas simplement l’absence de dysfonctionnement d’un organe. Elle pourrait aussi être envisagée comme la capacité de l’ensemble à maintenir une cohérence rythmique tout en restant capable de s’adapter.
Respirer, vibrer, écouter
Dans cette perspective, le travail avec la respiration, la voix et le tambour devient particulièrement intéressant.
- La respiration apporte le souffle et le mouvement.
- Le tambour apporte le rythme et la pulsation.
- La voix apporte la vibration, la mélodie et l’expression.
- Et l’écoute permet à ces différents éléments de se mettre en relation.
On retrouve alors les éléments fondamentaux de l’orchestre : un rythme, des instruments différents, de l’écoute, de l’ajustement et une recherche d’accordage.L’organisme n’est donc pas une machine dans laquelle chaque pièce fonctionnerait séparément. Il ressemble davantage à une symphonie vivante, dans laquelle chaque système joue sa propre partition tout en participant à une œuvre commune.Et comme dans un orchestre, l’objectif n’est pas que tous les instruments jouent exactement la même chose. Au contraire, c’est la diversité des rythmes et des fonctions qui produit la richesse de l’ensemble.L’enjeu est qu’ils puissent s’entendre, se répondre et se synchroniser.Ainsi, la respiration, la voix et le tambour peuvent être utilisés comme des moyens particulièrement directs pour explorer et ressentir cette organisation rythmique du vivant : retrouver le souffle, retrouver la pulsation, faire vibrer la voix et, progressivement, retrouver une forme d’accordage intérieur.
L’être humain devient alors non seulement un organisme, mais un orchestre en mouvement permanent.
